Fin de la saison 2019-2020

Dernière distribution de légumes hier pour la saison 2019-2020. Une étrange fin de saison en mode virus : préparation des paniers masqués et gantés avec récupération panier par panier en respectant un protocole de séparation strict.

En cela le système AMAP, avec des abonnés accessibles par courriel et prêts à s’adapter dans l’intérêt de tous et de chacun, fait de nouveau la preuve de sa grande robustesse.

La saison passée fut globalement bonne avec deux bémols néanmoins :

  • un arrosage insuffisant des poireaux cet été et une piètre récolte cet hiver
  • une absence de voiles anti-insectes dès le début des semis de carottes et l’installation de mouches de la carotte au sein des planches de cultures. Conséquence : des légumes très dégradés et une mauvaise conservation. J’ai compensé cela en livrant de plus grosses quantités mais l’épluche légumes a été mis à rude épreuve !

C’est parti pour 2020-2021 avec, en premier lieu, la préparation du sol (qui n’est pas encore pas tout à fait assez asséché pour bien le travailler). Apport d’amendement calcaire pour tenir le pH (acidité) aux alentours de 6,5. Apport de compost de fumier de cheval pour enrichir le sol en matière organique indispensable à la vie du sol dans les 30 premiers centimètres.

A suivre, repiquage des oignons, échalotes, aulx. Installation des courgettes et tomates sous serre.

Coté abonnement, j’augmente légèrement cette année pour aller à 40 paniers moyens environ, ce qui sera très bien pour un seul homme !

Préparation de la saison 3

L’hiver est là. Les journées sont plus courtes. Il faut prendre des forces pour la prochaine saison et anticiper.

Les pommes de terre primeur sont en terre, sous serre et sous bâche tissée, technique qui avait très bien fonctionné l’an passé. Les fèves ont été lancées à l’automne pour limiter les pucerons

Fèves

Les pois gourmands mangetout sont en place également. J’avais gardé une partie de la semence de l’an dernier mais je me suis aperçu qu’une bonne partie des grains avait été grignotée par la bruche, petit insecte gourmand. Pour palier ce problème, il faut passer les grains au congélateur quelques heures pour éliminer ces parasites. A faire la prochaine fois.

Les aubergines, tomates et poivrons sont et seront semés en terrine.

Il n’est pour le moment pas question de commencer à préparer les planches de cultures en plein champ tant le sol est gorgé d’eau. Je me demande si je dois faire venir quelques remorques avec épandeur de compost dans les parcelles à enrichir. C’est plus cher mais incroyablement plus rapide et moins fatiguant que d’effectuer ce travail à la fourche et planche par planche.

Il reste encore pas mal de poireaux mais ils sont majoritairement de petit calibre. Le temps perdu en été/automne du fait d’un manque d’eau ne se rattrape pas durant l’automne-hiver. A prendre en compte pour 2020.

Les distributions se passent bien même si les carottes sont à peine présentables. Il faut en éplucher 3 pour en manger 2 ! J’ai estimé qu’il était tout de même plus profitable de les distribuer plutôt que de tout composter.

Mâche, fenouils, chicorée pain de sucre

Bonne année 2020

Tous mes vœux de bonheur et de réussite pour cette nouvelle année.

Une de plus pour tenter de trouver le chemin d’un monde vivable pour toutes et tous, solidaire et écologique. Si le spectacle des grandes puissances mondiales est de nature à jeter le doute sur le caractère durable de l’aventure humaine, tentons, localement, de faire au mieux !

En ce moment, rencontre pacifique entre oignons et champignons !

Après le trop sec, le trop humide

Jamais contents ces paysans ! Après avoir pesté contre la sécheresse de cet été, ce sont maintenant des centaines de litres par mètre carré qui arrivent au sol. De quoi poser quelques problèmes de conservation des légumes au champ. Je rentre les carottes, panais, betteraves qui baignent dans l’eau.

Pour la planche d’épinards en plein champ, il n’y eu qu’une seule récolte et rien ne repartira avec les racines noyées à ce point.

Les poireaux devraient résister. Quant aux fèves semées il y a un mois pour mieux résister aux pucerons du printemps prochain, j’espère qu’elles tiendront mais, à cette heure, elles sont en apnée (les 10 ou 15 cm de terre sous la surface doivent respirer pour que la plante vive via ses racines).

Les carottes et panais ont été partiellement touchés par la mouche de la carotte malgré mon soin à maintenir les voiles anti-insectes en place. Il faudra jouer de l’épluche légumes. Heureusement, le rendement est très bon cette année (j’ai semé sur 3 rangs au lieu de 4 pour faciliter le désherbage et le développement).

Agri-bashing !

Certains agriculteurs manifestent aujourd’hui pour dénoncer la mauvaise réputation qui entoure leur métier. Les associations écologistes et, avec elles, de plus en plus de citoyens s’opposent en effet à des pratiques discutables : pesticides, OGM, fermes usines, rejets azotés excessifs etc.

Puisque le syndicat agricole majoritaire ne se gène pas pour parler au nom de tous les agriculteurs, il est nécessaire de corriger le tir.

Oui les agriculteurs travaillent trop et gagnent bien trop peu,
oui les agriculteurs sont souvent endettés jusqu’au cou et ne voient pas la fin de leurs problèmes,
oui les agriculteurs sont largement poussés à la faute par des politiques, groupes ou multinationales qui ne pensent que profit à court terme et concurrence mondiale.

Pour autant, à ceux qui critiquent les pratiques agricoles productivistes et polluantes je réponds « continuez » ! Ce n’est pas en niant les nuisances et les impasses de l’agriculture productiviste et intensive actuelle qu’on les fera disparaître.

Les agriculteurs doivent réclamer de quoi vivre décemment (pourquoi pas via un revenu agricole garanti qui remplacerait les aides à la surface) et revenir à des pratiques écologiques vertueuses sur des surfaces « raisonnables » en direction de débouchés locaux. C’est ainsi que l’on reverra davantage de paysans dans les champs et des consommateurs confiants.